A Saint-Prix aussi, on aide les crapauds à traverser la route

Saint-Prix, ce jeudi. En une journée, une vingtaine d’amphibiens peuvent être aidés à traverser la route pour rejoindre la mare. LP/Marie Frumholtz

En pleine saison de reproduction, un crapaudrome a été installé dans la forêt pour empêcher les batraciens de se faire écraser par des voitures. Les animaux sont collectés puis amenés vers la mare où ils s’accoupleront.

Le long de la route des Parquets, qui traverse la forêt à Saint-Prix, une drôle de bâche verte tranche avec le sol brun orangé tapissé de feuilles. Tendue sur une centaine de mètres, elle fait partie du dispositif, nommé crapaudrome, destiné à empêcher les crapauds de passer sous les roues des automobilistes. Car en pleine saison de reproduction, les batraciens tentent de rejoindre la mare où ils sont nés, située juste de l’autre côté de la route, pour y pondre à leur tour. Une périlleuse traversée que des bénévoles les aident à réaliser.
Lorsqu’il pleut et que les crapauds s’élancent, ils glissent contre la bâche et tombent dans un des vingt-huit seaux plantés dans le sol. Deux ou trois volontaires viennent régulièrement inspecter, compter et transférer en toute sécurité les amphibiens vers leur point d’eau.
« Des binômes viennent tous les matins les chercher, avant que les prédateurs ne passent » explique Jean-Pierre Enjalbert, maire (DLF) de Saint-Prix et président du Syndicat intercommunal d’assainissement de la région d’Enghien-les-Bains (SIARE).

Mais parmi les volontaires ce jeudi matin, Eliott 3 ans, a déjà repéré un problème : « Y a un crapaud qui a été blessé par un oiseau ! » lance-t-il. « La sensibilisation du public à la biodiversité est aussi un des enjeux de cette opération » affirme l’édile. Car le principal danger pour les batraciens, ce ne sont pas les oiseaux, mais l’activité humaine.

Un équipement en place jusqu’au 7 avril

Vers 8h30, les véhicules sont effectivement nombreux sur cette route et circulent vite. Ce bruit de fond ne parvient toutefois pas à recouvrir les couinements des crapauds au fond de leur seau.

« Les mâles ont des crochets au niveau des pattes qui leur permettent de se fixer sur le dos des femelles et ils ne les lâchent plus jusqu’à l’étang ! », explique Martine, une jeune retraitée qui apprend petit à petit à identifier les différentes espèces. Avec ces deux autres
comparses, elles ont aidé ce jour-là vingt-deux spécimens à traverser, dont deux tritons et une grenouille agile.

Installé ici depuis le 7 mars, ce crapaudrome restera en place jusqu’à mi-avril, fin de la période de reproduction des batraciens. Une première étude sur son efficacité sera rendue publique à ce moment-là.

Le Parisien Île-de-France & Oise > Val-d'Oise | Marie Frumholtz | 15 mars 2018, 19h49 | MAJ : 15 mars 2018, 22h39

En images : 
LP/Marie Frumholtz

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